Textes des chansons

L’ACCORDÉONISTE

Je suis l’accordéoniste
L’ éternel optimiste
Pour vous je joue des airs
Et des belles melodies
Je suis l’accordéoniste
Personne ne pourra être triste
Entre mes mains je tiens le monde en harmonie

Dans le metro il fait plus chaud
que dans mon petit trois et demi
Y’a pas de coquerelle, ni l’odeur de poubelle,
et sur ma peau, je ne sens pas la pluie
Quand les phares du train éclarcit mon coin,
Mon public arrive, c’est mon tour et j’suis prêt,
Un . . deux . . trois . . juste comme ça
Mes doigts danse et je me mets à chanter…

Je suis l’accordéoniste
L’éternel optimiste
Pour vous je joue des airs
Et mes belles melodies
Ce n’est pas lucratif
D’être l’accordéoniste
Ma symphonie aux doigts pour vos oreilles

Les nuits sont longues au bluebird lounge
Le menu changent comme des saisons
Y’a du whiskey et les femmes qui sourient
Quand elles voient la boite à milles pitons
Dès mon enfance ma mère m’avait dit
Qu’un jour je serais une star
Elle serait fière, car même juste hier
Ils ont monté ma photo au-dessus du bar

Je suis l’accordéoniste
L’éternel optimiste
Pour vous je joue des valses
Et des tristes rhapsodies
Toujours en déficit
Le pauvre accordéoniste
Entre mes mains, je garde le monde en harmonie

Je suis l’accordéoniste
L’éternel optimiste
Pour vous je joue … je joue
C’est toujours un sacrifice
D’être l’accordéoniste
Voici ce qu’ils crient à l’entrée du paradis

L’accordéoniste! L’accordéoniste!
Mesdames, messieurs, on applaudit!


LE VIEUX BLUESMAN

J’ l’ai rencontré, y’ a quel’ques années
Sur le balcon de sa maison
Il était assis, l’air égaré
La voix usée par une chanson
Et il grattait sur sa guitare
Un air de blues, et dans le soir
Le temps dormait, comme dort la mort
L’amour aux lèvres, le mal dans le corps

Fumée bleue
Senteur de bière
Son habit brille
Sous les lumières
Le vieux bluesman
Chante son refrain
« On vit très vieux
Quand on a l’feu
Du blues au corps
Ça chasse la mort »

Seul, assis sur un banc pourri
Par l’usure et la pluie noirci
Cheveux défaits et nez pointu
La mine triste et l’air déçu
Il attendait la fin d’sa vie
Il avait vécu, Il avait compris
Que l’amour fuyait, que le temps passait
Mais que la musique, elle, restait

Fumée bleue
Senteur de bière
Son habit brille
Sous les lumières
Le vieux bluesman
Chante son refrain
« On vit très vieux
Quand on a l’feu
Du blues au corps
Ça chasse la mort »

Les cœurs brisés, délaissés
Les mal-aimés désespérés
Les sans-abri l’esprit trahi
Les tragédies et les ennuis
Prenez vos blues, venez chanter
« Du blues au corps
Ça chasse la mort »

Fumée bleue
Senteur de bière
Son habit brille
Sous les lumières
Le vieux bluesman
Chante son refrain
« On vit très vieux
Quand on a l’feu
Du blues au corps
Ça chasse la mort »



ALLEZ OUEST

J’ai perdu ma langue
J’ai perdu ma culture
Y’en a qui disent que j’fais dur
T’es comme un rond dans un rectangle
T’es un assimilé déraciné
Un perdu dépaysé
J’suis même gêné d’vous en parler

Ça fait dix ans qu’ j’ai mangé d’la tourtière
Je ne connais même plus mes prières
J’ai oublié qu’est-ce qui est arrivé sur les plaines d’Abraham
J’sais pas si j’vais m’échapper de l’influence d’oncle Sam
Un pion dans leur jeu de dames
J’ai même pris l’goût des chips du A&W

Allez ouest, alouette les pieds dans l’bouette
Allez ouest, tout le monde les pieds dans l’bouette

Mon chum s’appelle Chung
L’autre s’appelle Joe
Je mange du chop suey avec mon ami Kaski
Lui il dit qu’il aime mieux le spagetti
On est des assimilés déracinés
Des perdus dépaysés
J’suis pas gêné d’leur en parler

Allez ouest, alouette les pieds dans bouette
Allez ouest, tout le monde les pieds dans bouette



TE SOUVIENDRAS-TU DE MOI

Te souviendras-tu de moi ?
Te souviendras-tu de mon regard?
De mes beaux draps, de mon chat?
Te souviendras-tu de moi?

Te souviendras-tu de moi?
Te souviendras-tu de mes sourires?
De mes tendresses de mes délires?
Te souviendras-tu de moi?

Te souviendras-tu de moi ?
Te souviendras-tu de moi ?
Pars pas

Te souviendras-tu de moi ?
Te souviendras-tu de mes caresses ?
De mes désirs, de ma tristesse
Te souviendras-tu de moi ?

Te souviendras-tu de moi ?
Te souviendras-tu de mon corps ?
De mes courbes, de mes lèvres ?
Te souviendras-tu de moi ?
Pars pas

Refrain

Dans la fenêtre givrée les flocons tombent comme des bombes
Les boîtes et les valises s’envolent
Dans le miroir brisé ton fantôme traîne avec mon ombre
Et (se) lamentent (de) nos moments frivoles

Je te voulais dans ma vie
Je te voulais dans mon lit
Pars pas

Te souviendras-tu de moi ?
Te souviendras-tu de la fois
Tu sais, la fois


ZAPPER À SURFER

Télécommande au bout des doigts
La tendinite car t’as trop de choix
Télévision comme compagnon
Tu vis de zapper à surfer

Télécommande au bout des doigts
Tu zappes ta vie par satellite
Zappe, zappe, zappe
Zappe d’univers, aux 15 secondes
Zappe, zappe, zappe
Pour toi zapper, c’est toute ta vie

Télévision comme compagnon
Tu vois la vie comme un long clip
Clip, clip, clip
Cliptomane par habitude
Clip, clip, clip
Pour toi les clips, c’est toute la vie
Comme il faut bien évoluer
Tu t’es branché, le mois passé
Zappe, zappe, zappe
Tu vis de zapper à surfer
T’as décidé de voyager
T’es même allé jusqu’à bouger
Clic, clic, clic
Tu vis de zapper à surfer

Ta souris grise au bout des doigts
Tu surfes ta vie par Internet
Surfe, surfe, surfe
Surfe l’univers en 15 secondes
Surfe, surfe, surfe
Pour toi surfer, c’est toute ta vie

Le moniteur comme compagnon
Tu vois la vie par une fenêtre
Pop, pop, pop
Toutes ces fenêtres qui s’ouvrent à toi
Pop, pop, pop
Un pot-pourri, tout comme ta vie

Dans un effort presqu’olympien
T’as même changé de p’tit écran
Zappe, zappe, zappe
Tu vis de zapper à surfer

Tu vis collé sur des images
Tu t’imagines que c’est la vie
Zappe, clic, pop
Tu vis de zapper à surfer

À tout instant, t’est connecté
T’es même branché par soluté
Zappe, clic, pop
Tu vis de zapper à surfer

Télécommande au bout des doigts
Télévision comme compagnon
Ta souris au bout des doigts
Tu passes ta vie au p’tit écran
Surfe, surfe, surfe
Tu vis de zapper à surfer
Zappe, zappe, zappe
Tu vis de zapper à surfer


QUI T’A DIT?

Qui t’a dit que j’étais heureuse
Qui t’a dit que j’étais chanceuse
Quand la peau sous mes pieds
S’est blessée sur des routes traversées
Qui t’a dit que j’étais chanceuse?

Qui t’a dit qu’j’avais le sang chaud
Qui t’a dit qu’j’avais le cœur gros
Quand les veines de mon cœur
Se glacent en face des rôdeurs
Qui t’a dit qu’j’avais le sang chaud?

Mon âme cherche sa place
Mes yeux trouvent tes yeux

Qui t’a dit que je suis pure
Qui t’a dit que je suis dure
Que la fille en dedans
Elle grandit elle s’étend
Qui t’a dit?

Mon âme cherche sa place
Mes yeux trouvent tes yeux

Mon âme cherche
et mes yeux trouvent…

Mon âme ne cherche plus dans tes yeux
Je ne me trouve pas dans tes yeux

Qui t’a dit?
Qui t’a dit?…


QU’EST-CE QU’ON FAIT ICI?

Une promesse brille sur les rivières du Nord
Il est venu de loin pour trouver son trésor
Armés d’une prière
Il a laissé derrière
Une vie pour une poignée d’or

Après 36 jours et 36 nuits
Les rives n’ont pas porté d’fruit
Il se demande
Sous un ciel froid et gris

« Qu’est-ce que je fais ici?
Qu’est-ce que je fais ici?
Ce n’est pas ce qu’on m’a promis, ce maudit paradis
Qu’est-ce que je fais ici? »

Un beau matin sur le bord du lac Saint-Jean
C’est la voix de son père qu’elle entend
« C’est le temps de partir »
Elle laisse un dernier soupire
Elle embarque avec l’espoir d’un enfant

Après trois mille miles et trois milles jours,
Ses mains usées, son esprit lourd,
Elle demande
Aux arbres qui l’entourent

« Qu’est-ce que je fais ici?
Qu’est-ce que je fais ici?
Ce n’est pas ce qu’on m’a promis, ce maudit paradis
Qu’est-ce que je fais ici? »

C’est une grande aventure
C’est la folie, c’est la nature
C’est l’hiver qui te pince les oreilles
C’est une nouvelle saison
C’est une très vieille question
Un bourgeon qui révèle la merveille

« Qu’est-ce qu’on fait ici?
Qu’est-ce qu’on fait ici?
Ce n’est pas ce qu’on m’a promis, ce maudit paradis
Qu’est-ce qu’on fait ici? »



JE L’AI PAS

Mon dieu que je l’ai pas
Ben oui voyons tu l’as
Ben non j’ l’ sais j’l’ai pas
Ça arrive de fois que tu l’as
Quand tu sautes dans ton char
C’est le char à mon père
‘pis tu fais crier les tires
C’te fois là je l’ai payé cher
‘pis arrête ça tu m’tombes sur les nerfs

Pourquoi t’es jamais là
R’garde tu m’vois tu pas j’suis là
Pas toi, je parle de ma blonde
S’cuse moi, mais je connais la réponse
Elle se tient avec Laurent
Pas le gros Laurent Poitrat
J’les ai vu y s’tenaient par la main
Ah ben là c’est vrai que je l’ai pas
Je l’ai moins que le pire des…

Crétin qui s’tient su’ la rue sans dessin
Je l’ai moins, que le moins, que le moins que rien
Qui n’a jamais rien à dire celui que le malheur attire
à chaque fois qu’il respire

Arrête de pleurnicher
T’es pas dans mes souliers
Tu fais même pas pitié
J’ai milles raisons de pleurer
Je suis un mal aimé
T’es juste un peu gâté
et puis toi, tu comprends rien
Au contraire, je comprends tout
Je comprends que t’es un vrai…

Crétin qui s’tient su’la rue sans dessins
Tu l’as moins que le moins que le moins que rien
Qui n’a jamais rien à dire celui que le malheur attire
à chaque fois qu’il respire

On est tous un peu pareil
On s’apitoie sur notre sort
Faut voir se lever le soleil
Et se trouver à deux pas du trésor

Les nuages vont s’en aller
Et les beaux temps vont revenir
’pis là on va aller se promener
Dans le char à ton père
En chantant comme des vrais…

Crétins qui s’tiennent su’ la rue sans dessin
On l’a moins que le moins que rien
Qui n’ont jamais rien à dire, ceux que le malheur attirent
A chaque fois qu’on respire


ÉTOILES DU NORD

Je t’aime dit-il en enfilant le froid
Je penserai à toi et à l’enfant qu’on attend
Il ferma la porte de son humble demeure
Hâtant son retour après ses maintes labeurs

Sa hache à la main, sueur sur le front
Il se leva la tête croyant voir son jupon
Ce n’est qu’un horizon blanc infini comme le temps
Ah! S’il pouvait s’enfuir au souffle du vent

Soupir d’épuisement, soupir d’effort
Deux fois plus dur quand celle qu’on adore
Est seule à dormir sous ces étoiles du Nord

Jeux de cartes, souffles d’alcools
Sacres et grognements ne sont que leurs quelques paroles
Couché, regard absent qui vise le toit
Nous dit que c’est l’ennui et le chagrin qu’il boit

Ce soir là au cœur d’une forêt enneigée
Le souffle de sa voix vient l’hanter
Valise au bras, tête en foulé
D’une image qui ne peut jamais l’échapper

Soupir d’épuisement, soupir d’effort
Deux fois plus dur quand celle qu’on adore
Est seule à dormir sous ces étoiles du Nord

Normalement il faut deux jours pour faire ce trajet
Lui, il lui en faut qu’un seul pour rejoindre son palais
Combattre le froid, combattre le temps
Il sait si bien la chaleur qui l’attend

Il passe la frontière si longtemps attendue
D’un dernier pas si lourd et ardu
Son fils lui rend un sourire des draps
Qui tantôt enveloppera ce dernier qui tomba

Soupir d’épuisement, soupir d’effort
Deux fois plus dur quand celle qu’on adore
Est seule à dormir sous ces étoiles du Nord



ENCORE UNE FOIS

Encore une fois
La route m’appelle, je m’ennuie déjà
Mon petit trésor
Dry your tears, ten sleeps
Je serai avec toi

Encore j‘te vois
Tandis que la pluie tombe
Sur le toit de l’auto
Tes petits doigts sur la fenêtre
Déssinent des visages comme Picasso
I hold you near when I’m away
Mais les heures s’allongent
all I do is count the days

Encore une fois
Tu seras dans mes rêves
Ici ou là-bas
La nuit tombe et le soleil se lève
N’entends-tu pas?
Cette chanson pour toi mon cher enfant
Pour dire que je t’aime
Encore une fois
Encore une fois…

It hurts to see
That everytime I have to leave
It’s somehow getting easier
For you to say goodbye to me
Il faut partir pour revenir
Mais comment est-ce que je peux t’le dire

Encore une fois
Tu seras dans mes rêves
Ici ou là-bas
La nuit tombe et le soleil se lève
N’entends-tu pas?
Cette chanson pour toi mon bel enfant
Pour dire que je t’aime
Encore une fois
Encore une fois…

Je t’offre des bibelots
Comme un héro coupable
Pour réclamer ton coeur
Avant le prochain voyage

Encore une fois
Tu seras dans mes rêves
Ici ou là-bas
La nuit tombe et le soleil se lève
N’entends-tu pas?
Cette chanson pour toi mon p’tit enfant
Pour dire que je t’aime
Encore une fois
Encore une fois…



ANGÉLINA

Oh Angélina
Baby won’t your put your big feet down
Oh Angélina
Where you gonna lay your big feet down
J’suis pris dans un marécage
Ma rose sauvage
Baby put your big feet down

Je m’ennuyais de toi au rodéo
Je voulais te parler
J’ai pris trop de temps, là t’es partie
Toi et’pis tes grands grands pieds
Qui n’restent pas plantés, passionnés d’errer
T’es rendue si loin d’ici
Ma gitane, lis tes feuilles de tisane
Are you ever coming back to me

Oh Angélina
Baby won’t you put your big feet down
Oh Angélina
Where you gonna lay your big feet down
J’suis pris dans un marécage
Ma rose sauvage
Baby put your big feet down

Juste comme toi, les cowboys
Se sont décampés
Ils m’ont laissé dans la poussière
Encore abandonné,
Je prends ma plume et mon courage
Pour enfin te dire ces mots :
I’m in love with you my wild rose
But why d’you always have to go

Oh Angélina
Baby won’t you lay your big feet down

You’re freer than a wild horse
You’re softer than a summer breeze
You’re wilder than that old big foot
Are you from the same family?
Quand tu bats tes ailes comme une hirondelle
J’ai le goût de m’envoler avec toi
Je veux t’aimer, pas t’apprivoiser
Veux-tu un jour atterrir avec moi?

Oh Angélina
Baby won’t you put your big feet down
Oh Angélina
Quand est-ce que tu reviens en Alberta?
J’suis pris dans un marécage
Ma petite rose sauvage
Baby put your big feet down
Baby put your big feet down



LE BLUES DE LÉCOLOGISTE

On est arrivé au bout
On a pompé la dernière goutte
La planète bleu est à l’urgence mais l’docteur, lui, est en vacances
Rien à faire, j’suis qu’un pessimiste avec le blues de l’écologiste
Oui j’ai le blues de l’écologiste

Les forêts sont tombées
Les océans dépoissonnées
On s’demande « ben, c’est quoi la cause »
Consommation en overdose
L’air et l’eau empoisonnés
Mais c’est la piastre qui va nous tuer
Oh c’est l’argent qui finit toujours par gagner

Le jour ou il n’y aura plus de pétrole à exploiter
Y’aura plus de gazz pour chauffer
Et quand la première neige tombe
Ça va être comme une bombe
Que George Bush à laché sur l’Irak
Elle n’vaut plus rien sa chère cadillac
Elle n’vaut plus rien sa chère cadillac
Pas une cent

Les effets ont été prédits, dans des milliers de livres comme Suzuki
Mais on est ben trop occupés
à faire cette maudite machine rouler

Rien à faire, rien à faire
Moi qui suis un boudiste
j’ai le blues de l’écologiste
j’ai le blues de l’écologiste

Le blues ça fait mal, ca fait mal

Maintenant tournons-nous vers les solutions
Y’a du vent pour faire tourner
Les grandes hélices d’électricité
Pose des gros panneaux solaires sur le toit de ta maison
Watch en riant ton conteur tourner en rond
Y’a un char qui run sur les rayons du soleil
‘faudrait ben qu’on l’essaye
Y’a un char qui m’enmène vers les rayons du soleil, faudrait ben que tu l’essayes

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